Douter (v. intr., tr. et pron., verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

v. intr., tr. et pron. 

XI e siècle, au sens de « craindre ». Du latin dubitare, « , hésiter » puis « craindre ».

I. V. intr.
1. Être dans l'incertitude, n'être pas sûr de l'existence ou de la valeur d'une chose, de la vérité d'une proposition. Douter de l'authenticité d'un manuscrit. Douter du succès d'une entreprise. Douter de sa vocation, de son amour. Douter de l'évidence même. Douter de tout. J'en doute. Ne pas de, être certain de. Je ne doute pas de votre compétence. N'en doutez pas, soyez-en sûr. Il vous soutiendra, n'en doutez pas. N'en doutez pas un seul instant ! Douter de, suivi de l'infinitif. Je doute d'avoir ainsi parlé. Je doute de pouvoir venir. Vieilli et litt. Hésiter à. Douteriez-vous d'intervenir en faveur de votre parent ? Expr. Ne de rien, être trop hardi, trop sûr de soi, aller de l'avant sans tenir compte des difficultés. À n'en pas , de façon certaine, à coup sûr. Il viendra, à n'en pas .
2. Être dans l'incertitude à l'égard des qualités, du comportement de quelqu'un ; éprouver à l'égard de quelqu'un de la méfiance, des soupçons. Douter du zèle, de la probité, de la valeur de quelqu'un. Douter d'un témoignage. Douter d'un ami. Doutez-vous de lui ? Douter de soi, n'être pas sûr de ses sentiments, de ses capacités. Il doute de lui en dépit de ses dons.
3. Absolt. Être dans le doute, s'interroger, suspendre son jugement entre deux ou plusieurs propositions. Apprendre, enseigner à . Avoir des raisons de . Il ne sait que . Il doute perpétuellement. Mettre en doute, contester la vérité d'une proposition ou la réalité d'une chose. En philosophie, c'est avoir fait un grand pas que d'avoir appris à .

Être dans l'incertitude sur l'existence de Dieu ; ne pas être assuré dans la foi
Croire et tour à tour. Croire dans son cœur, dans son esprit. Après avoir longtemps douté, il mourut dans la foi. Class. Hésiter, balancer. Il a longtemps douté avant de tenter cette entreprise.

II. V. tr. Avec une proposition complétive. N'être pas sûr de la vérité d'une proposition, être dans l'incertitude à son sujet. Avec ou sans ne explétif, dans la proposition subordonnée lorsque le verbe est au subjonctif. Je doute que cela soit. Je ne doute pas qu'il vienne, qu'il ne vienne bientôt. Doutez-vous que je vienne ce soir, que je ne vienne ? Doutez-vous que je viendrai demain, que je viendrais si j'en avais la possibilité ? Je ne doute pas qu'il viendra demain, qu'il viendrait s'il pouvait. Je ne doutais pas qu'il ne tînt parole, qu'il tiendrait parole, qu'il aurait tenu parole s'il avait pu. Avec une interrogation indirecte. Se demander si. Je doute si je pourrai tenir mes engagements.

III. V. pron. Conjecturer, soupçonner, avoir l'idée, le pressentiment d'une chose. Je me doute de sa malhonnêteté. Ils se sont doutés de notre connivence. Pouvais-je m'en ? J'aurais dû m'en . Vous ne m'apprenez rien, je m'en doutais. Ils s'en sont toujours doutés. Il ne se doutait pas de ce complot. Elle ne s'est doutée de rien. Je m'en doute ! Elle ne s'est doutée de rien. Je m'en doute ! évidemment, je le sais bien, j'en suis sûr ! Se que, suivi d'une proposition complétive. Il a l'air de se qu'on lui ment. Il aurait pu se que je l'entendais. Il se doutait bien qu'on en viendrait là. Il ne se doutait pas qu'on eût, qu'on avait des preuves contre lui.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Être dans l'incertitude, n'être pas sûr. "Douter de quelque chose. Doutez- vous de mon zèle, de ma probité? Doutez-vous de moi? Douter du succès. N'en doutez pas, il emploiera tout pour nous perdre. Douter de tout. Je doute fort que cela soit. J'en doute. Je doute qu'il vienne. Je ne doute pas qu'il ne vienne bientôt. Doutez-vous que je sois malade? Doutez-vous que je ne tombe malade, si je fais cette imprudence?"
Il s'emploie absolument en parlant des Dogmes religieux, des opinions philosophiques. "En philosophie, en critique, c'est avoir beaucoup profité que d'avoir appris à . Après avoir longtemps douté, il est mort dans la foi chrétienne."
DOUTER a aussi le sens d'Hésiter, de balancer. "Il a longtemps douté avant de tenter cette entreprise."
"Ne de rien," Être hardi, aller de l'avant, sans tenir compte des difficultés, des obstacles. Il s'emploie quelquefois avec une nuance d'ironie. "Ce jeune homme a trop d'assurance : il ne doute de rien."
"À n'en pas " s'emploie pour exprimer une Affirmation, une certitude.
SE DOUTER DE signifie Croire sur quelque apparence, conjecturer, soupçonner. "Se de quelque chose. Pouvais-je m'en ? Il se doutait bien qu'on en viendrait là. Je m'en suis toujours douté. Il a été pris lorsqu'il s'en doutait le moins. Il ne se doutait pas qu'on eût des preuves contre lui."
Fam., "Il se croit très habile dans cet art, mais il ne s'en doute pas," Il ne le connaît que fort imparfaitement.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Ne savoir si l'on doit croire ou ne pas croire quelque chose. Je doute qu'il vienne. Je ne doute pas qu'il ne vienne.
BALZ.: « Doutez-vous que je sois malade ? S'il y a quelque justice dans le ciel, comme personne n'en doute.... »
CORN.: « Ils n'osent plus de nous avoir surpris »
CORN.: « Et je doute comment vous portez cette mort »
CORN.: « Je doute quel rival s'en fait mieux écouter »
MOL.: « Il ne faut point qu'il fera ce qu'il peut »
MOL.: « Et je ne doute point, quoi qu'il n'en ait rien dit, Que tu ne sois de tout le complice maudit »
MOL.: « A vous dire vrai, je doute fort que vous puissiez réussir »
LA BRUY.: « Je ne doute point que la vraie dévotion ne soit la source du repos »
RAC.: « Ne doutez point, seigneur, que ce coup ne la frappe, Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe »
RAC.: « Doutez-vous que l'Euxin ne me porte en deux jours Aux lieux où le Danube y vient finir son cours ? »
RAC.: « Thésée est mort, madame, et vous seule en doutez »
LA BRUY.: « Je doute que le ris excessif convienne aux hommes qui sont mortels »
J. J. ROUSS.: « Je doute que ce fût toi qui serais en reste »
    Douter si. Je doute si je serai en mesure d'accomplir ma promesse.
CORN.: « Dorante : Et quel est ce portrait ? - Lise : Le faut-il demander, Et doutez-vous si c'est ma maîtresse elle-même ? »
RAC.: « Ingrat, je doute encor si je ne t'aime point »
LA FONT.: « Livrer Psyché aux désirs d'un monstre ? y avait-il de la justice à cela ? aussi les parents de la belle doutèrent longtemps s'ils obéiraient »
    Douter qui, quels, ne pas savoir qui.... quels....
BRÉBEUF: « Ce sage inébranlable [Caton], avant que de Pompée Il eût vu la vaillance injustement trompée, Doutant à qui l'État devait être soumis, Dans l'un et l'autre chef voyait ses ennemis »
DELILLE: « Ainsi, de tous côtés lorsque souffle l'orage, La mer doute à quels vents doit obéir sa rage »
    Douter où, ne pas savoir en quel lieu.
RAC.: « Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, Doutent où vous serez et vous trouvent partout »

 2   Douter de quelqu'un, n'avoir pas confiance en lui. Cet homme est suspect ; on doute de lui dans son parti. On doutait de sa probité.
CORN.: « Et l'on doute d'un coeur qui n'a point combattu »
RAC.: « Je me fais de sa peine une image charmante, Et je l'ai vu du coeur de son amante »
VOLT.: « Il doute de sa fille et de ses sentiments »
BÉRANG.: « Par la fortune Athènes détrônée Maudit Philippe et douta de ses dieux »

 3   Être dans le scepticisme soit à l'égard des dogmes de la révélation, soit à l'égard des propositions de la philosophie. Il n'a jamais douté des mystères de la religion.
    Absolument. C'est avoir beaucoup avancé que d'avoir seulement appris à .
DESC.: « Non que j'imitasse pour cela les sceptiques, qui ne doutent que pour , et affectent d'être toujours irrésolus »
BOSSUET: « C'est une partie de bien juger que de quand il faut »
BOURSAULT: « Et qu'aux derniers moments les beaux esprits qui doutent Ne sont pas assurés que les dieux les écoutent »
BONNET: « Leibnitz ne savait pas assez »

 4   Hésiter. Il ne douta pas un seul instant. Il doutait de recevoir un tel présent.
CORN.: « Que ferez-vous ? - J'en doute »
RAC.: « Pourriez-vous un moment de l'accepter ? »
VOLT.: « Et vous doutez encor d'asservir ses fureurs »
    Ne de rien, trancher les questions qu'on ne connaît pas bien, se jeter sans réflexion dans des entreprises hasardeuses.
DIDER.: « Les grands, une fois corrompus, ne doutent de rien »
    Ne de rien signifie aussi se faire illusion, voir tout du beau côté.
    Il ne doute jamais, il ne suspend jamais son jugement, sa décision.

 5   N'être pas sûr de conserver.
SCARR.: « Elle s'était trouvée malade jusqu'à faire de sa vie »

 6   Se , v. réfl. Conjecturer, soupçonner. Je ne me doutais pas qu'il vînt. Pouvais-je me qu'il dût venir si tôt ? Je me doutais qu'il viendrait. Elle s'est doutée de ce qui se faisait. Je me doute qu'il viendra me voir.
TRISTAN: « Je me doute à peu près quel est le gouverneur »
CORN.: « ....Je m'en doutais, seigneur, que ma couronne Vous charmait bien du moins autant que ma personne »
SÉV.: « Je me doutais bien aussi que les prophéties auraient été entièrement fausses à l'égard de Vardes »
    Ne pas se , ignorer, ne pas soupçonner.
RÉGNIER: « Moi qui.... Pour mourir, d'aucun mal ne me fusse douté »
LA BRUY.: « Il y voit des choses qui lui sont nouvelles dont il ne se doutait pas »

REMARQUE
    1. Douter suivi de que veut toujours le subjonctif : Je doute que cela soit vrai.
    2. Lorsque la phrase est négative, le verbe au subjonctif prend ne.
MOL.: « Oui, je ne doute point que l'hymen ne vous plaise »
BOSSUET: « Je ne crois pas qu'on puisse que Ninus ne se soit attaché à l'Orient »
D'ALEMB.: « Tous eurent le courage de lui être fidèles ; et lui, de ne pas qu'ils ne le fussent Cependant on peut supprimer le ne : Je ne doute pas que cela soit vrai. »
    3. Si la phrase est interrogative, en met ordinairement ne : Doutez-vous que cela ne soit vrai ? cependant ne peut être supprimé : Doutez-vous que cela soit vrai ?
    4. En cet emploi, peut se tourner par révoquer en doute ; et alors on peut, s'il s'agit d'une action qui n'est pas encore faite, mettre le futur de l'indicatif : Je ne doute pas qu'il fera tout ce qu'il pourra.
    5. Corneille a dit : Outre que le succès est encore à , Héracl. III, 1. Là-dessus Voltaire remarque : (r) Le succès est à est un solécisme. On ne doute pas une chose, elle n'est pas doutée. Le verbe exige toujours la préposition de. ' Cela est incontestable dans l'usage actuel. Mais dans l'usage ancien il en était autrement ; et Corneille a seulement usé d'un archaïsme : , dans l'ancien français, est actif et signifie craindre, tenir pour suspect. Cet archaïsme se trouve aussi dans Molière : Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait, l'Étour. II, 7.
    6. Douter dans l'ancienne langue signifiait re ; se signifia d'abord avoir peur, puis, par une extension facile, imaginer, soupçonner. Se rentre donc dans la catégorie des verbes se connaître, s'apercevoir, s'entendre, voy. S'APERCEVOIR, Remarque 2.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XC: Et Sarazin nes [ne les] ont mie dutez [craints]
     ib. CCLXI: Et l'amiralz ne le craint ne nel dute
    XIIème siècle
     ib. p. 31: De ce ne vous dotez [n'en doutez pas]
     ib. p. 35: S'en serez plus doté [ainsi vous en serez plus redouté]
     Couci, I: Que m'amor ne soit doubtée [mise en doute]
     ib. VII: De vous prier [je] me dout et fais hardi [je crains et ose]
     ib. XIX: Ainçois me doute [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir
QUESNES: « Ah ! gentis rois, quand Dieux vous fist croiser, Toute Egypte doutoit vostre renom »
     Sax. V: Seignor, par tel maniere, jà nuls n'en soit dotans, Fu meüe la guerre entre Saisnes et Francs
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Et ne fu mie merveille se il s'en doubta [en eut peur] »
     Berte, XVII: Bien ferai la besoigne, de ce n'estuet [il ne faut]
     ib. XL: Car mout [elle] doutoit la bise, qui ert [était] tranchans et fiere
     ib. CXIX: Tant doute [elle craint] à couroucer Dieu et sainte Marie
     ib. CXXI: Et s'ele l'a [ce voeu] voué, jà mar en ez, [elle] Ne le briseroit mie pour l'or de dix citez
     la Rose, 2743: Il ne doutent pluie ne vent Ne nule autre chose grevant
BEAUMANOIR: « Lor demandes doivent estre mises en escrit ; et celes dont li executeur se doutent qu'eles ne sont pas vraies, il les convient prouver as demandeurs »
    XIVème siècle
     Guesclin. 15974: S'il n'i avoit que moi avec ma bonne gent, Si ne doubté-je mie qu'assez prochainement De Henri et des siens n'ayez le vengement
DU CANGE: « Le suppliant doubtant rigueur de justice »
    XVème siècle
FROISS.: « Je feray volontiers et de bon coeur ce que vous me commandez, à mon loyal pouvoir, jamais n'en doutez »
FROISS.: « Or vous dis que le sire de Beaujeu, qui estoit dedans, capitaine de Mortaigne et moult sage guerroyeur, s'estoit bien douté de ces assauts »
FROISS.: « Le clerc se douta du chevalier, car il estoit crueux »
FROISS.: « Les bourgeois de la ville, qui ent le leur à perdre, leurs femmes et leurs enfants, regarderent que, au long aller, ils ne se pourroient tenir »
FROISS.: « Très noble et douté seigneur monseigneur Jean de Hainaut »
COMM.: « Pour povoir parler au roy en bonne seureté [le connestable], car il doubtoit de sa personne comme celluy qui sçavoit toute la conclusion qui avoit esté prinse [contrelui] à Bouvines »
COMM.: « Doubtant qu'ils ne feissent ouverture à luy et à son frere »
COMM.: « Il ne fault doubter que nul jour sans perte et gaigne ne se passa tant d'ung coté que d'autre, mais de choses grosses il n'y avoit riens »
COMM.: « Je ne sçay s'ils disoient ainsi à part ; je me doubte que non »
COMM.: « Et ne fault point doubter à ce que ceulx qui estoient avec le roy n'eussent.... »
    XVIème siècle
CALV.: « Quand nous voyons des volleurs, qui ont commis quelque meurtre ou larrecin, nous ne doutons point de leur imputer la faute et de les condamner »
RAB.: « Je me doubte que ne croyez asseurement ceste estrange nativeté »
RAB.: « Aultre chose ne me ameine, sinon le desir de sçavoir ce dont j'ay doubté toute ma vie »
RAB.: « Adoncques le roy argenté change de place, doubtant la furye de la royne aurée »
RAB.: « Je me doubte que, en Portugal, y ayt quelque sedition »
RAB.: « Pour quoy je me doubte que il y a de la fourbe en son cas »
J. MAROT: « Haulsent l'espaule à mode de Lombars, Doubtans [ne croyant pas] qu'on eust dessus Genes victoire »
J. MAROT: « Nos Allemans quelque petit doubterent, Voyans ce roch quasi inaccessible »
MARG.: « Je croy que vous ne doubtés pas que mille occasions ne nous oustent de ce monde, suivant la voulenté de celuy qui nous y mit »
MARG.: « Je me doubte d'estre au septiesme mois [de ma grossesse], qui y est, après l'huitiesme, le plus dangereux »
MARG.: « Je pensoys aller digner à Amiens, mais me doubtant que j'y trouverois une poure maison bien desolée, je digneray icy »
MARG.: « Vous advertir non seulement de ce que je say, mais de ce que je doubte, pour nous en conduire par vostre advis »
MARG.: « La maladie du cardinal d'Armaignac est une fievre tierce, mais tant aigue, que ceux qui ne le congnoissent doubtent sa vie »
MONT.: « C'est une science de laquelle ils doubtent que l'homme soit capable »
MONT.: « La profession des pyrrhoniens est de doubter et enquerir »
MONT.: « Nous doubtons sur Ulpian, et redoubtons encore sur Bartolus »
AMYOT: « Il commencea à se doubter de la verité »
AMYOT: « Je ne m'en fierois pas à ma propre mere, doubtant que par mesgarde elle ne meist la febve noire en cuidant mettre la blanche »
AMYOT: « Il cria à haulte voix à ses gens de pied qu'ilz le suyvissent hardiment, et qu'ilz ne doubtassent de rien »
AMYOT: « Il n'y en avoit pas un seul de qui il se doubtast, ne de qui il se deffiast tout comme il faisoit de Metellus »
AMYOT: « Et si doubtoit aussi d'un autre costé de prendre son chemin par la montagne, pour autant qu'il estoit long »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. d'ttai ; provenç. duptar, doptar ; catal. dubtar ; espagn. dudar ; portug. duvidar ; ital. dottare ; du latin dubitare, d'un radical dub, qui se trouve dans dubius et qui signifie double ; le grec se traduit par, double.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Être dans l'incertitude, n'être pas sûr. "Douter de quelque chose. Doutez-vous de mon zèle, de ma probité? Doutez-vous de moi? Douter du succès. N'en doutez pas, il emploiera tout pour nous perdre. Douter de tout. Ne de rien. Je doute fort que cela soit? J'en doute. Je doute si je partirai demain. Je doute qu'il vienne. Je ne doute pas qu'il ne vienne bientôt. Doutez-vous qu'il ne vienne? Doutez-vous que je sois malade? Doutez-vous que je ne tombe malade, si je fais cette imprudence?"
Fam., "Ne de rien," Être hardi à décider sur des matières de doctrine ou sur des affaires importantes; ou Faire avec confiance des entreprises hasardeuses. On dit de même, absolument, "Cet homme ne doute jamais."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie, Croire sur quelque apparence, conjecturer, soupçonner. "Se de quelque chose. Pouvais-je m'en ? Il se doutait bien qu'on en viendrait là. Je m'en suis toujours douté. Il a été pris dans le temps qu'il ne se doutait de rien, lorsqu'il s'en doutait le moins. Elle s'en est bien doutée. Il ne se doutait pas qu'on eût des preuves contre lui."
Fam., "Il se dit fort habile dans cet art, mais il ne s'en doute pas," Il ne le connaît que fort imparfaitement.




Emplacement dans le dictionnaire :

douleur
douloir
douloureuse
douloureusement
douloureux
doum
douma
doussin
doute

douteur
douteusement
douteûsement
douteux
doutis
douvain
douve
douvé
douvelle
douville
doux




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...bien ou assez bien sur le cahier de notes que je devais chaque soir présenter à mon père. Mais je crois que si, lui ou les autres professeurs qui lui succédèrent, avaient pu soupçonner la vérité, se douter qu'en dehors de leur présence mon esprit ne s'arrêtait peut-être pas cinq minutes par jour à ce qu'ils m'enseignaient, d'indignation leurs honnêtes cervelles auraient éclaté. CHAPITRE XXII Dans le...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...Sans doute, quand on se contente de comparer notre législation sur cette matière avec celle des types sociaux inférieurs pris en bloc, cette régression paraît tellement marquée qu'on se prend à douter qu'elle soit normale et durable. Mais, quand on suit de près le développement des faits, on constate que cette élimination a été régulièrement progressive. On la voit devenir de plus en plus...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...action proprement sociale vienne régler cet échange. Est-ce bien le caractère des sociétés dont l'unité est produite par la division du travail. S'il en était ainsi, on pourrait avec raison douter de leur stabilité. Car si l'intérêt rapproche les hommes, ce n'est jamais que pour quelques instants ; il ne peut créer entre eux qu'un lien extérieur. Dans le fait de l'échange, les divers agents...


Citation n°4 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...supplié par mille fois et que vous n'aviez répondu à sa prière qu'en vous figeant dans une immobilité vraiment divine pendant que s'accomplissait le destin, pensiez-vous qu'elle allait, elle, douter ou de votre pouvoir ou de votre bonté ? C'eût été mal la connaître. Comme elle vous avait demandé votre protection pour un homme, voici qu'elle vous demande votre pardon pour une âme, avec les mêmes...


Citation n°5 de René BOYLESVE (La Leçon d'amour dans un parc)

...n'eut d'attention qu'à sa volonté accomplie et à la possibilité de descendre désormais dans le parc sans avoir à rougir. Elle se pencha sur le front du jeune garçon et le baisa, bien loin de se douter que par ce seul geste elle fixait une destinée. Et tout continua à aller au château comme auparavant. Vous avez remarqué, ou bien vous le ferez plus tard, que toutes les personnes qui étaient venues...


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